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23/06/2015 Culture

Partition de vivre ensemble par deux chefs d’orchestre engagés

demosZahia Ziouani participe au projet Démos depuis le 1er jour, Nicolas Simon a inauguré le déploiement en région, tous les deux sont plus convaincus que jamais.

Quand ils arrivent face au chef d’orchestre, les enfants savent lire une partition et maîtrisent leur instrument. Ils ont travaillé en ateliers chaque semaine dans leur quartier et suivi des stages pendant les vacances. A partir de janvier, le travail d’orchestre commence autour de trois morceaux, un des objectifs : le grand concert de juin.

 

Une question de savoir-être

 

Directrice musicale de l’Orchestre Symphonique Divertimento qui réunit 70 musiciens issus de Seine-Saint-Denis depuis 1998, Zahia Ziouani a l’expérience de la transmission pédagogique sur des territoires dont certaines réalités sont difficiles. Premier chef d’orchestre invité de l’Orchestre National d’Algérie en 2007, elle est convaincue de l’importance de donner accès à la culture à tous les publics et ce ne sont pas que des idées.
Engagée dans le projet Démos depuis sa conception, elle a vécu toutes ses étapes, de l’arrivée des premiers enfants à la phase du déploiement, et elle y croit. “Le projet va plus loin que la sensibilisation, essentielle mais pas suffisante. Il permet la pratique musicale, qui plus est de la musique classique, souvent délaissée pour les cultures urbaines. Il est là, l’accès à la culture.” L’originalité de Démos ? “C’est d’apprendre autrement, en groupe avec toutes les vertus éducatives que l’on peut transmettre, le vivre ensemble, l’écoute de l’autre…” Les répétitions se suivent pour franchir toutes les étapes : de la prise de repères par les enfants néophytes, à l’arrivée des élèves de conservatoires, puis des musiciens professionnels, jusqu’au concert final. La conduite consiste à créer une unité, à travailler l’équilibre entre les instruments. Et entre ces musiciens de tous horizons ? “Je garde la même exigence avec les enfants qu’avec les musiciens professionnels sur l’investissement, la tenue, les gestes, bref le savoir-être incontournable pour jouer ensemble.” Et si la meilleure façon de partager ses différences, c’était de ne pas en faire ?

 

La musique est une ouverture

 

demosNicolas Simon a rejoint l’aventure il y a deux ans pour accompagner le déploiement du projet Démos et l’ouverture de l’orchestre dans deux régions : l’Aisne et l’Isère.
Spécificité du projet Démos, la pratique est toujours collective. La plus petite unité de travail est un groupe de 10. Pour Nicolas Simon, c’est le secret pour faire marcher tous ces profils dans une même énergie. “On ne regarde plus le cas particulier, c’est le rendu global qui compte. On se sert des autres pour faire avancer chacun.” Selon lui, la pratique en orchestre apporte deux choses : une rigueur sur soi et une ouverture sur les autres. “Au début, les enfants des différents centres sociaux ne se mélangeaient pas. Nous avons dû insister pour provoquer l’échange et peu à peu les liens se sont créés.” Désormais dans les centres, les enfants refont de la musique ensemble, en dehors du projet Démos. Certains vont au concert et d’autres racontent qu’ils jouent pour leur famille. “Je réalise à quel point la musique, et l’art en général, nous structurent et nous font aller vers les autres, nous ouvrent.” Il se souvient d’un très beau moment, l’an dernier, après le concert. La journée s’est terminée sur un terrain de foot avec des jeunes d’autres orchestres. Les familles étaient réunies autour, de tous les pays, tous les milieux, toutes les origines. “J’en suis convaincu : partager la musique fait partager tout le reste et fait bouger tout le monde.” La Fondation SNCF n’a pas fini de la soutenir au nom du vivre ensemble.