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03/07/2019 Culture

Sarah Koné, Maîtrise Populaire de l’Opéra Comique

La Maîtrise Populaire de l’Opéra Comique ouvre en grand les portes de la musique aux jeunes de tous horizons avec un franc succès, et le soutien de la Fondation SNCF depuis la première note… Témoignage de Sarah Koné, sa directrice artistique.

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Qu’est-ce que la Maîtrise Populaire de l’Opéra Comique ?

C’est une école, créée grâce à l’Opéra Comique en 2016, qui propose un cursus pluridisciplinaire et exigeant. Les « maîtrisiens » sont avant tout des élèves, mais également des enfants du spectacle puisqu’ils montent sur scène très régulièrement. Nous accueillons des jeunes de 9 à 25 ans, mais les deux sessions principales de recrutement ont lieu en CM1 et en 6e. En effet, nous privilégions l’accompagnement des maîtrisiens tout au long de leur parcours scolaire. La formation a lieu sur le temps scolaire au rythme de 9/10h par semaine pour les petits, 15/18h pour les plus grands. Certains candidats postulent par la voie classique des auditions, et, en parallèle, une tournée de recrutement est organisée dans les écoles des réseaux d’éducation prioritaire pour détecter des talents et maintenir la pluralité qui fait la force de ce cursus.

Qu’est-ce qui distingue votre Maîtrise des autres ?

C’est une Maîtrise “Populaire”. Elle a été labellisée ainsi en 2016 par le Ministère de la Culture et c’est la seule en France ! Ses méthodes d’enseignement sont conçues pour des enfants qui ne sont pas tombés dans la marmite de l’éducation artistique, c’est d’ailleurs leur seul point commun : ils sont issus de tous les milieux et de tous les quartiers. La vocation de mixité et d’ouverture de la Maîtrise Populaire se traduit par une pédagogie novatrice, valorisant l’autonomie, la responsabilité et le travail de groupe. Autre différence, c’est une Maîtrise pluridisciplinaire : les enfants travaillent le chant, bien sûr, mais également le théâtre, les claquettes et la danse. Cette pluridisciplinarité est essentielle dans le métier de chanteur lyrique et je suis convaincue que c’est en conjuguant les différences, dans les styles ou les disciplines, que l’on arrive à une harmonie. Mon pari sur le mouvement est un point fort du projet : oui, on peut danser sur Mozart comme sur Lady Gaga !

Avez-vous réussi votre pari d’entraîner des jeunes éloignés de la musique ?

Oui, ce pari-là est réussi. Les enfants s’engagent et il y a très peu d’abandons. Ici, les enfants trouvent une grande famille, ils grandissent ensemble, cela crée des liens très forts, une vie de troupe. C’est une vraie réussite, humaine et artistique. D’ailleurs, j’ai lancé un nouveau pari. A la rentrée 2018 est né le 3e cycle de la Maîtrise Populaire, afin de donner à six élèves l’opportunité d’approfondir les compétences acquises lors de leur scolarité. A la rentrée 2019, ce cycle accueillera une dizaine de jeunes. L’idée est d’accompagner ces jeunes chanteurs, qui ont l’envie et le talent, à développer une carrière professionnelle. Pour cela, nous leur proposons un accompagnement sur mesure – cours de chant individuel, culture musicale, rencontre avec des artistes lyriques.

Que vous apporte la Fondation SNCF dans cette aventure ?

Ce programme est financé à 40 % par l’État et la Ville de Paris et à 60 % par du mécénat privé. La Fondation SNCF est partenaire depuis le tout début en 2016 et nous apporte un accompagnement particulier, bienveillant et stimulant. Elle a épousé le programme pour ce qu’il était et elle le soutient dans son intégralité. La Fondation SNCF nous laisse une totale liberté et accompagne toutes les étapes du projet, c’est rare.

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