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Cynthia Fleury-Perkins

Administrateur de la Fondation SNCF

Participer de la justice sociale est un impératif pour tout acteur, public ou privé.

Cynthia Fleury-Perkins est professeur de philosophie à l’American University of Paris, psychanalyste et titulaire de la Chaire de philosophie de l’Hôtel-Dieu, chercheuse dans l’âme et auteure d’ouvrages aux titres d’actualité comme “Dialoguer avec l’Orient” (en 2003), “Les pathologies de la démocratie” et “La fin du courage”. La citoyenneté est l’un de ses sujets de réflexion phares.

 

Pourquoi la Fondation SNCF ?

La SNCF est une compagnie avec laquelle une grande partie des Français a une histoire, assez indissociable de l’histoire française, douloureuse aux heures sombres, et depuis des décennies, conviviale, ludique et familiale. La SNCF nous donne le sentiment d’une France humaine, à échelle d’homme, qui fait évoluer la mobilité sans nier le temps et l’espace. Le train est littéraire avec ses paysages défilant, ses bruits, ses rythmes. Même si cela a beaucoup changé, la mythologie de la SNCF reste la même. Donc, accepter la proposition d’être au conseil d’administration de sa Fondation me paraissait évident, comme de rentrer chez soi après une journée de travail, sans oublier que les cheminots ont une tradition spontanée de vie associative et citoyenne, d’entraide et de solidarité.

 

Quel est votre regard de philosophe et psychanalyste sur le vivre ensemble ?

Il est proche du regard de la Fondation, qui se concentre sur l’approche capacitaire, pas seulement l’égalité des chances : l’égalité des capacités. Comment accompagner au mieux un jeune dans son éducation, son autonomisation, son implication dans le monde pour qu’il puisse participer à sa transformation ?

 

Et sur le mécénat d’entreprise ? 

Les grandes entreprises ont nécessairement un rôle public, de participation à la régulation publique, d’aide publique, d’innovation sociale, de responsabilité sociétale et environnementale. Je ne parle pas de philanthropie, mais d’obligation statutaire. Je défends l’indivisibilité des objectifs pour l’entreprise, surtout lorsqu’elle est de cette taille. Cela veut dire réclamer que la recherche du profit soit conjuguée à la responsabilité de service public, à l’obligation éthique et politique de fabriquer un monde plus juste. Participer de la justice sociale est un impératif pour tout acteur, public ou privé.