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Wajdi Mouawad

Administrateur de la Fondation SNCF

Penser par soi-même est le geste le plus puissant qu’un citoyen peut faire.

Wajdi Mouawad est acteur, auteur et metteur en scène de pièces sagas, qui peuvent durer douze heures voire vingt parce qu’elles parlent d’exil, de famille et d’une quête qui ne finit jamais, et parce qu’il met tout ce qu’il est dans ce qu’il écrit ou dit : son histoire blessée fondatrice, sa générosité débordante et son espérance infinie. Pédagogue passionné et passionnant, il conçoit des projets de transmission comme “Avoir 20 ans en 2015” axé sur l’apprentissage de la pensée. Il est aussi directeur de La Colline-théâtre national depuis 2016.

 

Pourquoi la Fondation SNCF ?

“Pour la personnalité de Marianne [Eshet], sa manière de penser le rapport entre mécénat et entreprise, qui ne relève pas d’un simple financement, mais d’une aide et d’un questionnement en profondeur.” Le dialogue établi entre l’entreprise et les démarches personnelles a séduit Wajdi, sans parler des sujets – Éducation et Culture – au cœur de ses préoccupations. Enfin, être confronté au sein du Conseil d’administration de la Fondation à des visions, des expertises et des personnalités de mondes différents du sien l’intéresse. “Être dépaysé par le langage, être fragmenté par la pensée des autres, c’est une façon de nourrir mes réflexions personnelles.”

 

Son apport à la Fondation ?

“Je serai très attentif à la transmission, au symbole que peuvent porter les démarches engagées.” Pour lui, il est important de défendre l’idée qui vit derrière une initiative personnelle, “d’en faire le récit, de raconter au-delà d’informer.” Il veillera au respect de nuances qui pour lui font toute la différence. Entre l’art et la culture, d’abord : “Tout est culture, mais tout n’est pas art.” Entre éducation, “qui a un lien avec la transmission”, et création “qui a un lien avec le mystère profond de nos vies. Les artistes ne sont pas des suppléants sociaux.”

 

Où est la clé du vivre ensemble ?

Sa réponse est dans la réplique de sa pièce Incendies : “Apprends à lire, apprends à écrire, apprends à compter, apprends à parler. Apprends.” Selon lui, penser par soi-même est le geste le plus puissant qu’un citoyen peut faire. “Inventer sa propre idée et la risquer en la déclarant” est la chose la plus difficile, et la plus essentielle à transmettre aux jeunes. Wajdi leur apprend à se battre contre le rouleau compresseur de la réalité, sa règle de vie d’artiste.